Les commandos marine ont été créés durant la Seconde guerre mondiale en Grande-Bretagne, sur le modèle des Royals Marines Commandos ou forces spéciales de la Royal Navy à partir d'éléments des fusiliers marins français regroupés au Royaume-Uni.
Le 6 juin 1944, ils sont 177 à participer au débarquement en Normadie, sous les ordres du capitaine de corvette Kieffer.

la guerre d'Indochine:

En Indochine, de 1946 à 1954, en 8 années de guerre, les commandos marine (François, de Montfort, Jaubert, Tempête et Ouragan) ont eu environ 104 tués sur un effectif de 1200 hommes. 61 de ces morts pour la France appartenaient au commando François (49 morts ou disparus à Ninh Binh le 30 mai 1951, fusillés par le Viet-Minh pour la plupart et 7 morts à Anh-Thoi le 23 avril 1949), dissout en 1953. Ces faits d'armes ont valu à ce commando l'attribution de quatre citations à l'ordre de l'armée de mer (1948, 1950 et deux fois en 1951) et l'attribution de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec l'olive croix de guerre TOE (1952) et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre TOE (1951), qui s'ajoute à la fourragère de la Légion d'Honneur attribuée à tous les commandos marine, pour la participation des Commandos au débarquement du 6 juin 1944 et leurs faits d'armes postérieurs.

Sélection:

La sélection des commandos marine est particulièrement rigoureuse.

Après une sélection interne par leurs commandants de compagnies de l'École des fusiliers marins, autrefois à Siroco, Cap Matifou (Algérie), maintenant à Lorient (France), les premiers du cours fusilier, s'ils sont aptes et volontaires, intègrent le stage commando long de 20 semaines. Celui-ci comprend une semaine de tests psychologiques, 6 semaines de stage préparatoire, 4 semaines d'évaluation commando, le stage commando de 7 semaines, et 2 semaines de stage parachutiste à Pau (autrefois Philippeville, Algérie). À l'issue de ce stage, en moyenne 5 à 10 % des stagiaires reçoivent le certificat de Commando Marine et son béret vert. Cependant, à aucun moment le certificat n'est garanti et toute faute peut aboutir à la radiation du stage.

Le « stac » ou stage commando se déroule à Lorient, en Bretagne, au sein de l'Ecole des fusiliers marins, héritière du 1er bataillon de fusiliers marins, et l'une des unités les plus décorées de l'Armée Française. Les épreuves, tenues secrètes, préparent les fusiliers à leurs futures missions possibles au sein de l'un des six commandos de la marine. Le « stac » est ouvert en nombre restreint à d'autres spécialités de la marine (radio, infirmier) qui pourront ainsi intégrer l'effectif opérationnel des commandos marines. Cependant, le stage commando n'est que le début de la formation du commando marine, qui doit également passer trois semaines de stages complémentaires ainsi que d'autres certificats techniques de commandos au cours de la formation interne, ainsi qu'une période de 4 mois à Djibouti avant d'être déclaré opérationnel et apte à rejoindre un des six commandos de la Marine. Cette formation de base fait partie de l'une des plus difficiles au monde, comparable à celle des SAS et SBS britanniques ou des Navy Seals américains.

Les commandos voulant postuler au commando d'action sous-marine Hubert de Toulon doivent, après une période d'ancienneté (5 ans) dans les unités commandos de Lorient, passer le certificat de nageur de combat à Saint-Mandrier, sur un tempo comparable à celui du cours Commando élémentaire, en plus difficile et plus long (deux semaines de pré-sélection, sept mois de Cours Nageur).

Chaque commando devra, à chaque nouvel examen de carrière, remettre son béret vert en question et repasser un stage commando équivalent, avec un niveau de responsabilité accru (stage commando chef d'équipe, stage commando chef d'escouade, stage commando chef de mission). Ainsi, certains officier mariniers supérieurs (Premier Maître, Maître Principal...) peuvent avoir cumulé jusqu'à quatre stages commando. Ce type de formation est unique au monde, même dans les forces spéciales.

Uniforme:

Leurs origines britanniques se remarquent au port du béret vert couché à l'opposé des autres unités militaires françaises (couché à droite, insigne à gauche, les autres unités françaises portant le béret couché à gauche, insigne à droite - cela permet notamment de différencier rapidement les commandos marine des légionnaires, portant eux aussi le béret vert). Le certificat de commando est porté par les commandos marine sur leur béret directement ainsi que la « banane » commando écrit en rouge sur fond noir au niveau supérieur de la manche de leur tenue.
On reconnait les membres et anciens membres du commando Hubert au badge de certificat « nageurs de combat » qu'ils portent à la poitrine de leur tenue de sortie.

La France compte actuellement six unités de commandos marine qui appartiennent à la force des fusiliers marins et commandos, sous le commandement d'un amiral (ALFUSCO), dépendant directement du chef d'état-major de la marine, en ce qui concerne l'organisation et la préparation de cette force. Ils sont souvent déployés sous l'autorité du commandement des opérations spéciales (COS) pour des missions sur des théâtres extérieurs et sont particulièrement entraînés :

  • aux reconnaissances tactiques préalables aux opérations amphibies ou terrestres (renseignement) ;
  • à la protection et à l'évacuation de ressortissants ;
  • aux actions de destruction et de sabotage ;
  • aux interventions à la mer dans le cadre des missions de sauvegarde maritime (lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et les infractions maritimes).

En particulier, les commandos marine sont souvent utilisés pour la protection d'ambassades en zone de guerre (par exemple dans certains pays d'Afrique).

Chaque commando est constitué de 80 à 100 hommes répartis en groupes de 15 à 17 opérateurs.

Cinq de ces unités sont basées à Lorient, une à Lanester, une à St Mandrier :

 unités  basés à Lorient :

  • commando Jaubert, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime, l'unité incluant une partie de l'Escouade de Contre-terrorisme et de Libération d'Otages (ECTLO) (anciennement GCMC) ;
  • commando Trepel, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime et incluant également une partie de l'ECTLO ;
  • commando de Montfort, spécialisé dans l'appui et la destruction à distance (le sniping, notamment) ;
  • commando de Penfentenyo, spécialisé dans la reconnaissance et l'acquisition de renseignement opérationnel ;
  • commando Kiefferspécialisé dans les technologies de pointe ;

 unité  basée à Lanester :

  • commando Ponchardiermission: projeter les groupes de combat sur le terrain et les appuyer dans leurs opérations; basé à Lanester et fort de 150 hommes leurs devises "A la vie, à la mort".

 unité  basée à Saint-Mandrier (Var) :

  • commando Hubert, spécialisé dans l'action sous-marine et dans les actions de contre-terrorisme maritime, et constitué de nageurs de combat.