Seuls combattants français à avoir débarqué sur les plages de Normandie aux côtés des Américains et des Anglais le 6 juin 1944. Ces hommes, au nombre de 177, ont rejoint les Forces françaises libres en Angleterre entre 1940 et 1942. Sous l'impulsion du capitaine de corvette Philippe Kieffer, ils ont été entraînés par le 2e régiment de commandos britanniques dans la base secrète d'Achnaccary en Ecosse, et ont formé la première unité de commandos marines français. Le 6 juin 1944, ils libèrent Ouistreham à l'issue de combats acharnés au cours desquels ils perdent près de 70 hommes.

PAS DE QUARTIER POUR LES COMMANDOS !

L'entrainement très dur des commandos Anglais et de leurs camarades Français a toutes ses raisons d'être lorsque l'on sait qu'en vertu d'un décret d'Adolf Hitler, ils seront abattus dès leur capture. Dès lors, leur survie ne pourra dépendre que d'eux mêmes. Voici le texte les condamnant :

Très secret - Quartier Général du Fürher - Le 18 Octobre 1942 - Le Fürher

n° 003830/42 G. Kdos CKW/WFST

Depuis longtemps, nos ennemis se servent de méthodes de guerre contraires aux Conventions Internationales, particulièrement notoires est la conduite brutale et perfide des dénommés "Commandos" qui, et ceci a formellement été établi, sont en partie recrutés dans les rangs d'anciens criminels libérés dans les pays ennemis. D'après les documents capturés, il ressort qu'ils reçoivent des ordres non seulement d'enchaîner leurs prisonniers, mais, de plus, de massacrer sur-le-champ des prisonniers sans défense, aussitôt qu'ils jugent que ces prisonniers deviennent une entrave à la poursuite de leurs objectifs ou peuvent être, dans l'un ou l'autre cas, un objet d'enbarrassement. Pour finir, des ordres ont été trouvés qui montrent qu'en principe le massacre de prisonniers a été établi.

Pour cette raison, il a déjà été ordonné dans un addendum du rapport des Forces Armées (Ordres de routine) du 7 octobre 1942, que dorénavant, l'Allemagne  aurait recours au même traitement envers les troupes Britanniques de sabotage et leurs complices, c'est à dire qu'elles seront massacrées sans pitié par les Allemands partout où elles seront rencontrées. En conséquence, j'ordonne : à partir de cette date que tous ennemis contactés par les troupes Allemandes durant des expéditions dites de commandos, tant en Europe qu'en Afrique, qu'ils soient en uniforme réguliers de soldats ou qu'ils soient des agents de saboteurs, armés ou non , soient exterminés jusqu'au dernier, au combat comme à la poursuite. Il importe peu qu'ils soient débarqués d'un navire ou qu'ils soient amenés par avion ou parachutés ; même si ces gredins, une fois repérés, décidaient de se constituer prisonniers en matière de principe, toute pitié devra leur être refusée.

Dans tout et chaque cas de cette sorte, un rapport détaillé devra être fait au quartier général souverain afin qu'il puisse être promulgué dans les ordres quotidiens des Armées. Si des individus faisant partie des commandos et employés comme agents secrets , saboteurs, etc... tombent entre les mains de la Whermacht de n'importe quelle autre façon, c'est à dire par arrestation de police dans tout territoire occupé par nous, ils seront immédiatemment délivrés au Service de Sécurité (Sicherheitsienst); toute détention de prisonniers de cet acabit par des gardiens militaires, c'est à dire se trouvant dans des camps de prisonniers de guerre, même à titre temporaire, est strictement défendu. Cet ordre n'est pas applicable s'il s'agit du traitement de soldats ennemis capturés ou qui se rendent au cours de batailles normales (attaques sur une grande échelle ou opérations importantes de débarquement par mer ou par air).

Cet ordre ne concerne pas non plus le personnel ennemi qui cherche à sauver sa vie après une bataille navale ou qui atterit par parachute après un combat aérien et qui tomberait entre nos mains. Pour la non-exécution de cet ordre, j'engagerai la responsabilité personnelle de tout commandant ou officier et ordonnerai sa comparution devant un conseil de guerre pour rendre compte : soit de la négligence qu'il aura montré en pareil cas dans l'accomplissement de ses devoirs en ne donnant pas les ordres necessaires à la troupe sous mon commandement, ou de la raison de la non-exécution des ordres indiqués plus haut.

     Signé A. HITLER

 


Les commandos Kieffer sont les fusiliers marins commandos créés par la France libre et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Ils étaient intégrés à la Special Service Brigade. 177 commandos se sont illustrés pendant le débarquement de Normandie, seuls représentants de la France à débarquer par voie maritime le jour J, puis, dans les combats qui ont suivi. Ils faisaient partie du 1er bataillon de fusiliers marins commandos fort de deux Troops de combat et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Voir la liste des commandos Kieffer.

Création


Dès 1940, Winston Churchill décide la création d'une force d'assaut de 20 000 hommes. L'État-major britannique fait rapidement le constat qu'il lui manque de petites unités légères et mobiles, capables de mener des actions de renseignement ou de destruction derrière les lignes ennemies sur les côtes de l'Europe occupées, du rivage atlantique français jusqu'au nord arctique de la Norvège. C'est la création des unités «commandos». Le nom est repris du nom d'unités légères sud-africaines pendant la Seconde Guerre des Boers. Philippe Kieffer qui a rejoint les Forces française libres en Grande-Bretagne est impressionné par les méthodes des commandos britanniques, surtout le raid mené par les commandos anglais sur les îles Lofoten le 4 mars 1941. En 1942, il constitue la « Troop 1 » des Commandos français avec une vingtaine de volontaires, dans les environs de Portsmouth. Au printemps, le général de Gaulle demande à lord Mountbatten, chargé des opérations spéciales la création d'un commando français de 400 hommes. Les Britanniques sont intéressés par l'apport d'hommes susceptibles d'agir en France, donc connaissant le pays et la langue de leurs habitants. L'enseigne de vaisseau Philippe Kieffer est désigné pour en prendre le commandement.

Formation

 

La formation a lieu avec les commandos britanniques, les bérets verts, au château d'Achnacarry en Écosse. Ce château et les terres environnantes situés dans les Highlands ont été mis à disposition de la Special Service Brigade par le propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel, chef du clan Cameron. Le cadre est austère et sauvage et la formation particulièrement rude. Philippe Kieffer et ses hommes seront les premiers étrangers à être formés dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel C.E. Vaughan. Les nouveaux arrivants doivent ainsi parcourir 30 km à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats soi-disant morts pendant l'entraînement. Le bataillon français ainsi formé est placé sous le commandement de Lord Lovat qui dirige la 1re brigade de commandos.

Cette rigueur de l'entraînement tient au fait de la difficulté et la dangerosité des missions qui leur sont confiées derrière les lignes ennemies. Ainsi le 18 octobre 1942, Hitler ordonne d'abattre tous les commandos faits prisonniers.

Le 14 juillet 1942, une compagnie des futurs commandos défile dans les rues de Londres.

 


Naissance   24 octobre  1899
Port-au-Prince,,HAITI 
Décès   20 novembre 1962 (à 63 ans)
Cormeilles-en-Parisis, FRANCE
Origine Drapeau de France FRANCE
Arme Marine Nationale
Grade   1954:  Capitaine de frégate
Années de service   1939 – 1945
Conflits Seconde Guerre Mondiale
Commandement Commando KIEFFER
Faits d'armes Forces Navales Française Libres
Bataille de Normandie (Sword Beach)
Distinctions Commandeur de la légion d'Honneur
Compagnon de la libération
  Croix de guerre 1939-1945 (4 citations)
Autres fonctions Membre de l'Assemblée Consultative en 1945
Conseiller général du Calvados 

Il est à New York lorsque la guerre s'annonce. Malgré son âge (40 ans), il se présente comme volontaire et officier de réserve. D'abord sous-lieutenant, interprète (interprète-militaire), il entre dans la Marine le 10 septembre 1939 comme officier de réserve interprète et du chiffre (ORIC). Il est affecté au cuirassé Courbet et participe à la bataille de dunkerque..

Après la défaite de la France, l'enseigne de vaisseau Kieffer répond à l'appel du Générale de Gaulle en partant pour le Royaume-Uni dès le 19 jiun 1940. Il s'engage dans les Forces navales Française Libres, le jour de leur création, le 1er juillet 1940.

Impressionné par les méthodes des commandos britanniques, il constitue en 1942 la « Troop 1 » des Commandos français avec une vingtaine de volontaires, dans les environs de Portsmouth. En 1943, le 1er Bataillon (1er B.F.M.C) est fort de Trois Troops la no 1, la no 8 du capitaine Trepel — qui disparaît au cours d'un raid nocturne — et la Troop d'Appui (K-Guns).

C'est au redoutable Centre d'entraînement commando d'Achnacarry en Écosse que ces hommes ont été formés et ont reçu le fameux béret vert. En mai 1944, quelques semaines avant le Débarquement, ils reçoivent leur propre insigne : écu de bronze chargé du brick de l'aventure et barré du poignard des commandos avec dans le coin sénestre la croix de Lorraine et souligné d'une banderole portant l'inscription « 1er Bon F.M.Commando ». Ils le porteront sur le béret vert « à l'anglaise » c'est-à-dire sur le côté gauche. Le dessin est dû à l'un d'entre eux, le caporal Maurice Chauvet. Appréciant à leur juste valeur les qualités des Français, les Britanniques incorporent le Bataillon au sein du Commando no 4 de la Brigade des Forces spéciales. Il aura l'honneur suprême de débarquer le premier en France au Jour J.,D-DAY.


Interview de KIEFFER

                      MEMORIAL DES COMMANDOS SCOTLAND