La 3ème dimension, milieu totalement ouvert, propre aux déplacements rapides et furtifs est un domaine que les forces spéciales connaissent depuis longtemps parce qu'il permet la surprise et donc la liberté d'action. L'avion, de transport ou tactique, l'hélicoptère, de manoeuvre ou de combat, le parachute, automatique ou commandé, sont donc les vecteurs d'infiltration privilégiés par tous les commandos du monde


Toutes les unités et forces spéciales sont bien évidement hautement spécialisées dans ce domaine, comme en France le régiment d'« actions spéciales » du 1er RPIMa, celui de renseignement du 13ème RDP, les Commandos Marine et de l'Air ou encore les groupes d'intervention du GIGN et du RAID ainsi que la DGSE (service action).

Une parfaite coordination doit être de mise pour une mission réussie donc des équipages avions et hélicos sont ainsi spécialement détachés pour la mise en place des unités les plus « pointues » : la Division des Opérations Spéciales (D.O.S.), l' Escadrille Spéciale d' Hélicoptères (E.S.H.) de l'armée de l'air et le Détachement Alat des Opérations Spéciales ( D.A.O.S.) de l'armée de terre. 

Les Forces Spéciales s'entraînent continuellement à plusieurs types de sauts : le Largage Opération Spéciale (L.O.S.), le saut à ouverture à grande hauteur (S.O.G.H.) et à très grande hauteur (S.O.T.G.H.), en ouverture commandée (le chuteur ouvre seul son parachute à l'altitude choisie) ou en ouverture automatique (le parachute relié à l'avion s'ouvre dès la sortie). 

La 3ème dimension ne pardonne pas l'erreur et exige, de la part des commandos comme des équipages, une planification préalable et une coordination parfaite, le souci du détail et de la précision dans la préparation comme dans l'exécution est une compétence durement acquise lors des entraînements. 

formation Française :

Dans un premier temps l'ETAP de Pau (Ecole des Troupes AéroPortées) délivre un brevet «élémentaire» de parachutiste militaire, après une formation de base et six sauts en ouverture automatique dont, un de nuit, un avec ouverture du parachute de secours et un en charge avec la « gaine » constituant le paquetage de combat. 

Il atteste que le militaire peut alors être mis en place sur un théatre d'opération par aérolargage. Après quelques années de services et une trentaine de sauts « régimentaires » en ouverture automatique, le parachutiste peut postuler au stage CRAP (Commando de Recherche et d'Action dans la Profondeur). 

En complément de sauts très spécifiques : 50 sauts en charge, des sauts de nuit et des Dérives sous Voile, le candidat devra avoir réussi les stages Commando, niveau 1 et 2 du Centre Commando de Mont-louis. Le stage spécifique de chuteur opérationnel dure ensuite 3 mois. 

Après une dizaine d'années de carrière, le parachutiste peut postuler à la formation S.O.T.G.H. Cela nécessite donc d'excellentes bases de chuteurs mais également une aptitude médicale à supporter l'inhalation d'oxygène pur. Des tests en caisson sont donc effectués dans divers centres médicaux de l'armée dont le plus connu est celui du Centre d'Essai en Vol de Bretigny sur Orge en région Parisienne. 
La formation spécifique SOTGH est ensuite dispensée soit à l'ETAP soit en interne au sein du COS ( Commandement des Opérations Spéciales ) mais de toute façon avec une validation d'un personnel de l'ETAP.

En France, seulement une centaine de Chuteurs sont qualifiés SOTGH. Une cinquantaine au sein du COS dans les unités spéciales du 1 er RPIMA et du 13ème RDP de l'armée de terre, au sein du Commando Hubert de la Marine et du CPA 10 de l'Armée de l'Air. 

Une autre cinquantaine au sein des différents régiments de la 11 ème Brigade Parachutiste : 17 ème RGP, 1 ème RCP, RHP et RTP, 2 ème REP, 3 ème et 8 ème RPIMa, etc.. Le Service Action de la DGSE possède également son équipe de chuteurs SOTGH, sûrement les plus « employés » sur le terrain. 

Le L.O.S. : Saut « Largage Opérations Spéciales » 

Les sauts à ouverture automatique de type « largage opérations spéciales » ( L.O.S. ) obéissent à des procédures très particulières. Ce procédé permet en effet de mettre à terre discrètement un ou plusieurs groupes et leurs équipements au plus près de leur zone d'action. Le L.O.S. s'exécute toujours de nuit et sans aide de personnels au sol. Pour éviter d'être détectés et pour diminuer le temps d'exposition à l'ennemi.

Les groupes sont largués à une hauteur de 200 mètres seulement lors des exercices et entraînements et à 125 mètres en opérations. Cette très faible hauteur, qui protège le parachutiste, limite la dispersion au sol en même temps que la vulnérabilité de l'aéronef, exige une maîtrise parfaite des procédures « spéciales » et une grande rigueur dans l'éxécution. 

LA CHUTE OPÉRATIONNELLE DESCRIPTION : 

La chute opérationnelle est le nom donné aux techniques de parachutage militaire de personnel et de matériel à haute altitude. Les techniques utilisées sont appelées MFF (Military Freefall, « chute libre militaire ») dans les Forces armées des États-Unis.

Ces techniques demandent une formation beaucoup plus pointue que le parachutisme militaire de base et elles sont essentiellement réservées aux forces spéciales. Leur principale utilité est de garantir une plus grande sécurité de l'avion largueur face aux défenses antiaériennes adverses car il opère à une plus grande altitude, et dans le cas des sauts type SOTGH/HAHO, à une plus grande distance de la zone d'atterrissage par rapport à un parachutage à ouverture commandée.

Les différentes techniques de chute opérationnelle

La chute opérationnelle se divise en deux grandes catégories, selon que l'ouverture du parachute se fasse à basse ou à haute altitude. Dans les deux cas, le largage des chuteurs se fait à haute altitude, de 8 000 à 10 000 m.

Chute opérationnelle avec ouverture à basse altitude :

La technique la plus ancienne de chute opérationnelle se fait avec l'ouverture du parachute à basse altitude. Elle est appelée HALO pour High Altitude-Low Opening, « haute altitude, ouverture basse » (le SOGH, Saut Opérationnel à Grande Hauteur, de l'armée française n'est pas considéré comme une technique HALO car il se déroule jusqu'à 4 000 mètres).

Les techniques HALO se sont développées à partir des tests menées par l'US Air Force depuis les années 1940 sur des systèmes d'éjection et de parachute destinés aux pilotes d'avions volant à haute altitude. Dans le cadre de ces essais, le colonel Joseph Kittinger effectua le premier saut connu à haute altitude, le 16 août 1960, à près de 31 300 m.

Il est difficile d'attribuer exactement la paternité des sauts HALO, le saut en ouverture retardée à des altitudes de plus en plus élevées ayant été testé dans de diverses unités parachutistes depuis la fin des années 1950. À cette époque, le 1er bataillon parachutiste de choc, un des deux bataillons de la 11e DBPC explore ces techniques pour faciliter les atterrissages sur zones non préparées. Surnommés « chuteurs musette », ces chuteurs peuvent être considérés comme les précurseurs des chuteurs opérationnels1. De son côté, la CIA met au point des techniques similaires pour parachuter des Tibétains dans les montagnes himalayennes en Chine communiste2.

Le premier emploi de ces techniques au combat eut lieu pendant la guerre du Viêt Nam par des commandos du MACV-SOG à la fin de 19703. Ces techniques se sont modernisées au cours des années 1970 et 1980. Le SEAL Team Six testa notamment le parachutage de bateaux et autres gros matériels par HALO4.

Le HALO est utilisé pour parachuter hommes et matériel à une altitude suffisamment élevée pour que l'avion vole au-dessus des niveaux d'engagement par les missiles sol-air adverses.

Lors d'un saut HALO typique, les chuteurs sautent de l'appareil, tombent en chute libre puis une fois arrivés à basse altitude ouvrent leur parachutes. La combinaison de la haute vitesse de chute et de faible vitesse horizontale permet d'éviter la détection par radar.

Le matériel lourd à parachuter est extrait hors de l'avion par un parachute, puis tombe en chute libre jusqu'à une altitude où son parachute cargo s'ouvre pour permettre un atterrissage à basse vitesse. Le personnel doit ensuite le récupérer sur son lieu d'atterrissage.

Chute opérationnelle avec ouverture à haute altitude :

La chute opérationnelle avec ouverture du parachute à haute altitude est appelée HAHO (pour High Altitude-High Opening, « haute altitude, ouverture haute ») en anglais et en français DSV (dérive sous voile) et SOTGH (Saut Opérationnel à Très Grande Hauteur).

Le HAHO apporte une sécurité supplémentaire à l'avion largueur par rapport au HALO, car il permet de rester à une grande distance de la zone d'atterrissage des chuteurs en plus d'une haute altitude. Le chuteur saute de l'avion et ouvre son parachute 10 à 15 secondes après[réf. nécessaire]. Sa « voile » lui permet de planer sur une très longue distance, le nombre le plus souvent donné étant de 40 km pour un saut à 8 000 mètres d'altitude. Le chuteur doit calculer sa propre navigation pendant sa dérive sous voile, avec uncompas, un système gyroscopique ou un GPS, ou encore en se guidant grossièrement en repérant à vue la topographie du terrain. Toutes ces techniques lui permettent de naviguer vers le point de chute souhaité, malgré le vent, les nuages et autres phénomènes atmosphériques. Généralement, le premier chuteur à avoir sauté de l'avion assure la navigation et ceux qui ont sauté derrière lui le suivent.

La DSV est principalement utilisée pour larguer des petits groupes de commandos loin derrière les lignes ennemies. La dérive sous voile apporte aussi une sécurité pour les chuteurs car leur zone d'atterrissage est imprévisible, alors qu'elle est située sous la trajectoire de l'avion pour le HALO.

La création du saut HAHO est également imprécise, car il est probable que bon nombre d'unités qualifiées HALO ont progressivement tenté d'ouvrir leurs parachutes de plus en plus haut. L'Intelligence Support Activity américaine a été la première à ouvrir la voie et à présenter la techniques aux autres unités comme la Delta Force, le SEAL Team Six puis les autres forces spéciales

Risques pour la santé :

À haute altitude, l'oxygène est trop rare pour assurer une respiration suffisante. Dans cet environnement, les personnes sans équipement subissent une hypoxie, qui mène à l'inconscience. Au fur et à mesure que la personne s'approche de la Terre, le taux d'oxygène augmente. Cependant, la chute est souvent trop courte pour que la personne revienne à la conscience avant qu'elle ne touche terre. En cas de perte de conscience, un système ouvrira le parachute principal automatiquement à une certaine altitude préprogrammée. En conséquence, les chuteurs opérationnels doivent porter un masque à oxygène.

Un autre danger guette les parachutistes à haute altitude : le froid.

À haute altitude la température est nettement inférieure à 0°C, en plus, la vitesse de descente provoque elle aussi un refroidissement ; les chuteurs peuvent donc contracter des engelures, des vêtements appropriés leur permettent de prévenir ces blessures.

Formation à la chute opérationnelle :

Divers pays ont leur école de formation à la chute opérationnelle. Aux États-Unis, cette formation est assurée par la Military Free Fall School du John F. Kennedy Special Warfare Center and School (USAJFKSWCS)6.

En France, seules des personnes déjà brevetées parachutiste et ayant une dizaine d'années d'expérience peuvent suivre la formation au SOTGH. La formation peut être suivie soit à l'école des troupes aéroportées (ETAP) de Pau, soit en interne au sein ducommandement des opérations spéciales (COS), mais dans tous les cas elle est validée par un personnel de l'ETAP

Équipement :

L'équipement individuel "oxy" est composé de matériels ultra-spécifiques et extrêmement coûteux: environ 75 000 €

un altimètre EL62

un appareil de sécurité déployant automatiquement le parachute :

cet appareil estime la hauteur en mesurant la pression atmosphérique. Si le parachute n’est toujours pas ouvert à une hauteur inférieure à la hauteur minimale prévue, environ 300 mètres, il ouvre automatiquement un parachute d'urgence en brisant un câble d'ouverture.

un couteau

un casque EL50 avec son masque respiratoire

une paire de gants et tenues goretex

une paire de bottes militaires pour la chute libre (soulage les hanches)

un sac de matériel militaire ayant une masse de 20 à 45 kg

HK MP5 SD

moyens de communication

système de navigation S.N.C.O

parachute Air Azur

LE 1 CHOC : unité française ayant eu l'idée des sauts SOGH/SOTGH en équipe pour intervenir dans le cadre des opérations spéciales

Entraînement de largage TGH (très grande hauteur sous oxygène) de chuteurs opérationnels du CPA10 par un C160 Transall.

Photo : Armée de l'Air / tonyjeuland